©-2012-Laura Bru

Rouge, bleu est une série de vidéos réalisées entre 2011 et 2012.


Ces vidéos retranscrivent des actions que je réalise sans qu’on ne voie jamais mon visage. Dans l’idée d’une mise à distance de moi-même, une sorte d’avatar.


Le manteau rouge et les bottes bleus créent l’identité de ce personnage. L’habit devient une technologie du soi qui permet de se réinventer. Avec ce costume, l’action devient possible... bien qu’elle s’avère vaine : l’explosion d’un canon à paillettes qui s’éparpillent en deux secondes, l’élaboration d’un tas de sable, l’adresse au monde sans possibilité de réponse, le planter d’un drapeau fictif en haut du mont Saint Baudille sachant que je suis dans l’Hérault et non pas sur l'Everest. Enfin, l’envol – en hommage à la vidéo Tentativo di volo de Gino De Dominicis – qui est aussi une transmission. Cela notamment en raison de la phrase qu’il a écrite à propos de sa vidéo : « Probably I will never fly, but if I get my children and my children’s children and their own children to repeat this exercise then perhaps, one day, a descendent of mine will suddendly know how to fly. »


Pourquoi réaliser une action devrait-il toujours servir un but précis ? Il est vrai que notre société actuelle nous inculque l’utilité toujours nécessaire à nos actions, voire leur rentabilité.

La première vidéo réalisée avait pour contexte la ville avec la nécessité de se confronter directement à l’espace public ; ce à quoi s’est ajoutée celle de réaliser ces actions seule. J’avais besoin de me retrouver de manière solitaire, dans un environnement méditatif. Je pense que c’est ce que nous allons chercher aussi dans la nature, un état d’être particulier. Ceci, dans le but d'appréhender la question de la quête d’un territoire à s’approprier, indissociable de l'être humain. C'est aussi la question de l’artiste qui, par la création, crée son propre espace singulier.